dimanche 14 décembre 2014

Hanoune fait part de ses interrogations au sujet de qui décide en Algérie


louisa_oran
 Par Kaci Haider

C’est dans une salle archi comble de militants venus de tout l’Oranie que Louisa Hanoune a animé samedi un meeting. Une occasion pour elle d’exprimer des interrogations et des inquiétudes dans un climat politique général frappé au coin de la non lisibilité.
Sans citer le président Bouteflika nommément, le première dame du parti des travailleurs n’a pas manqué pour autant de s’interroger s’il n’a pas changé de cap politique, au vu des dernières mesures annoncées qui sont selon elle aux antipodes de son projet défendu lors de la campagne présidentielle. « Si tel est le cas, la règle veut que le peuple algérien soit informé », a-t-elle fulminé.
Dans son intervention, elle ciblera certains ministres comme celui du transport, du commerce, de l’enseignement supérieur, de la santé pour finir par cette autre interrogation : « qui tient les rênes du pays ?» Façon pour Louisa Hanoune de se retrouver malgré elle sur le même registre des questionnements que l’opposition qui n’a de cesse de pointer l’absence de transparence dans la décision politique en raison de l’absence de facto du président Bouteflika.

« l’État est gangréné de l’intérieur »

Louisa Hanoune reviendra encore dans son intervention sur la collision entre les milieux d’affaires qu’elle qualifie d’ « oligarques » avec la sphère politique. Pour elle, pas le moindre doute, »l’Etat est gangréné de l’intérieur ». Elle dénoncera à ce sujet les pressions exercées par ces mêmes milieux mais aussi les puissances étrangères pour l’abolition de l’article 51 /49 relatif à l’investissement privé et étranger.
Allusion notamment à l’Union européenne, dont certains députés avaient clairement fait un plaidoyer pour une mise à jour de l’économie algérienne, avec à la clé la fin de ce fameux article 51/49. Face aux risques de remise en cause des acquis sociaux, à cause notamment de la chute des prix du baril Louisa Hanoune plaide pour la mise en place d’un impôt sur les fortunes.
« L’Etat a été généreux ces dernières décennies avec les communautés d’affaires qui doivent aujourd’hui participer à la solidarité », a-t-elle soutenu, en appelant aussi à l’instauration d’un « nouveau système » de licence d’importation pour faire barrage à « l’import-import ».
Abordant la question de la baisse des prix des hydrocarbures, la secrétaire générale du PT a plaidé pour un système productif national basé sur la diversification des sources de financement et le maintien de la croissance durable en faisant de l’investissement « un acte patriotique », déclarant que « chaque pays a ses propres bases industrielles en rapport à son histoire ».
« Le secteur public national est la colonne vertébrale de notre économie et il ne faut en aucun cas le sacrifier sur l’autel de la commercialité », a encore souligné Louisa Hanoune, estimant que seul un système productif national peut permettre au pays de résister face aux secousses qui continuent d’ébranler son économie.

« Sauver les entreprises algériennes, pas celles d’ailleurs »

Elle a fustigé, au passage, les « nouveaux riches, ceux qui ne font aucune différence entre l’importation et l’investissement », les invitant à « ouvrir les entreprises fermées et autres sociétés en difficulté au niveau national au lieu de sauver d’autres ailleurs ». Allusion certainement au patron de CEVITAL qui vient encore de sauver une entreprise italienne menacée de mettre la clé sous la porte.
« La politique du logement en Algérie est unique dans le monde, mais ceci n’est pas suffisant en raison des problèmes qui se sont cumulés à longueur des décennies. Ceci est valable pour l’emploi. Il y a des moyens pour faire face au chômage. Il faut des décisions courageuses pour permettre aux jeunes d’espérer », a-t-elle toutefois reconnu, appelant à faire « barrage » à tous les « semeurs de désordre au nom d’un système et de la mondialisation ».
Une chose est sûre : les doutes exprimés aujourd’hui par louisa Hanoune sont à l’exacte mesure de l’opacité qui caractérise le processus de décision politique au sommet de l’Etat.

Source: Algerie1

4 commentaires:

  1. Bonjour,
    Pourquoi vous ne vous organisez pas au sein d'un parti? adhérez-vous aux idées du FLN, FNA ou au PT de Hanoun?

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  2. Nous avons des relations amicales avec des membres du FLN et du FNA, mais pas avec le PT de Hanoune (même si, à titre personnel, j'apprécie beaucoup certaines sorties).

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  3. Issad Rebrab ne sauve pas d'entreprise en Europe, il achète des marques, du savoir faire et de la technologie puis dans un deuxième temps il crée des grandes unités de production pour L'EXPORTATION. C'est trop facile de cracher dans la soupe! CEVITAL veut avoir une envergure internationale, c'est normal que cette entreprise investisse à l’étranger. Des projets pour l’Algérie CEVITAL en a beaucoup mais bizarrement ils n’aboutissent pas, pourquoi attendre? Encourageons au lieu de jalouser comme des primitifs. CEVITAL fonctionne bien et au moins cette société ne fiche pas la honte avec une saisie judiciaire, elle est crédible contrairement à d'autres. https://www.youtube.com/watch?v=JOAugXxnkeQ

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  4. marrant, il y a quelques années quand sur ce même blog j’affirmais que le pouvoir Algérien était double voir triple (un clan militaire centraliste cadré sur une ligne ancienne des noms alignés et d'autres clans libéraux affairistes, atlantistes,sionistes etc) je me faisais traiter de complotiste.
    Mais bon mieux vaut tard que jamais pour se reveillez

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